Archive pour le 29 octobre 2009

3′000 emplois perdus en Suisse romande

Jeudi 29 octobre 2009

Accepter l’initiative populaire reviendrait à supprimer la base existentielle de l’industrie indigène de l’armement, puisqu’une production économiquement viable est généralement tributaire de l’accès aux marchés d’exportation.

La fermeture ou la délocalisation à l’étranger des entreprises de cette branche remettrait en question non seulement les compétences de la base industrielle suisse mais aussi la défense nationale. Pour ses achats d’armement, l’armée suisse se trouverait dans une situation de dépendance unilatérale vis-à-vis d’autres Etats, sachant que les besoins d’un Etat neutre comme la Suisse ne seraient pas satisfaits en priorité en cas de crise.

Eu égard à la concentration géographique de l’industrie de l’armement, les conséquences économiques seraient considérables en cas d’acceptation de l’initiative, surtout au niveau régional. L’Oberland bernois, les régions entourant les villes d’Emmen, de Stans ou de Kreuzlingen, mais aussi la ville de Zurich et la Suisse romande seraient également touchés. Plus de 10’000 emplois seraient menacés sur l’ensemble de la Suisse, dont 3′000 en Suisse romande.

Extrait du discours de Ueli Schürch, président du GRPM

Places d’apprentissage menacées selon l’USAM

Jeudi 29 octobre 2009

L’exemple des ateliers Pilatus montre de manière concrète que le chômage risque d’augmenter de 33% dans le canton de Nidwald, ce constructeur d’avions étant directement frappé par l’initiative. A Stans, Pilatus occupe quelque 500 collaborateurs pour le développement, la fabrication, le support et l’entretien d’avions et de systèmes d’entraînement. Si l’initiative était acceptée, ces emplois devraient être en grande partie (environ 40% du personnel) supprimés sans délai, puisque immédiatement après l’adoption de l’initiative ni avions, ni pièces de rechange ni quelque autre service que ce soit, y compris le transfert de propriété intellectuelle, ne pourraient plus être exportés.

Simultanément, des centaines de millions de francs investis dans le développement du PC-21 ainsi que dans des développements pour d’autres avions d’entraînement l’auraient été pour rien. De même, le stock de pièces de rechange équivalent à près de 100 millions de francs n’aurait plus aucune valeur. A cela vient encore s’ajouter le fait que les coûts de fabrication pour le programme du PC-12 augmenteraient considérablement (effets d’échelle négatifs).

Actuellement, les ateliers Pilatus forment 100 apprentis. Il va de soi qu’en cas de réduction d’emplois aussi importante, les places d’apprentissage devraient elles aussi faire l’objet de suppressions. En plus des dommages quantifiables, il faudrait s’attendre à des créances en dommages-intérêts actuellement non encore chiffrables pour inexécution de contrats de fourniture et de maintenance à long terme. A ne pas sous-estimer non plus le dommage causé à l’image de Pilatus et à l’économie suisse toute entière. En cas d’adoption de l’initiative, Pilatus devrait supporter un dommage de plusieurs centaines de millions de francs au total. Les 500 millions que l’initiative prévoit de faire verser à la Confédération suffiraient donc à peine pour les seuls ateliers Pilatus. Et l’entreprise ne serait encore aucunement reconvertie.

Extrait du discours de Hans-Ulrich Bigler, directeur de l’USAM

Selon Peter Dietrich, l’interdiction d’exporter brise l’industrie de défense suisse

Jeudi 29 octobre 2009

L’industrie de défense et de sécurité suisse serait privée du jour au lendemain de l’accès aux débouchés étrangers.

Ne resteraient alors plus que les ventes de matériel d’armement en Suisse. Cependant, aucune entreprise, fusse-t-elle fabricant de matériel de guerre ou sous-traitant, ne pourra survire économiquement en ne travaillant uniquement pour l’armée suisse. Le marché suisse, qui au cours des dernières années n’a cessé de diminuer, est tout simplement insuffisant pour cela. Une interdiction d’exporter prive ces entreprises tout simplement de leur base d’existence.

Du point de vue économique ceci entraîne une structure des coûts défavorable pour les entreprises concernées : les dépenses, destinées à la recherche et au développement ou à l’acquisition de capacités de production coûteuses, devraient être répercutées sur une quantité moins importante de produits vendus ce qui augmenterait automatiquement les coûts unitaires. Conséquence: affaiblissement de la compétitivité des entreprises concernées. Ceci s’aggrave plus la part de biens d’armement exportés par l’entreprise est élevée.

La part d’exportation de « Rheinmetall Air Defence » (avant Oerlikon Contraves) se monte à environ 95%. Cette valeur dépasse largement les 80% chez « MOWAG » et se situe à environ 75% chez « Nitrochemie Wimmis », qui appartient à « Rheinmetall Defence » et « RUAG Holding ». Même chez « RUAG », le partenaire industriel de l’armée suisse, la part d’exportation dépasse les 50%.

Etant donné que toute une série d’entreprises productrices de matériel de guerre sont propriété de groupes étrangers et compte tenu d’un changement aussi massif de la structure des coûts, il est évident que ces entreprises délocaliseraient leur production à l’étranger.

L’interdiction d’exporter nuit à l’innovation pour le secteur civil

Finalement, l’initiative a pour conséquence de perdre du savoir-faire précieux. Plusieurs développements destinés à l’origine pour l’industrie militaire sont aujourd’hui également utilisés dans le secteur civil. Ceci est dû au fait que les exigences demandées au matériel et à la précision pour le matériel de guerre sont souvent plus élevées, ce dont profite finalement aussi la production de biens civils.

L’Airbag en est un exemple très répandu. Le développement du détonateur s’orientait au début aux besoins militaires. Nous connaissons de nombreux exemples similaires :

Des systèmes de guidage conçus par RUAG pour des besoins militaires – des systèmes donc permettant de coordonner la localisation de lieux, de véhicules et de personnes et d’assurer la communication mutuelle – sont désormais proposés dans une version adaptée également pour des organisations civiles comme les corps de police et les services sanitaires. Les simulateurs pour la formation de chauffeurs de camions civils découlent également de la recherche militaire.

De nombreuses innovations pour des applications civils sont issues du développement de systèmes pour la défense aérienne de la société « Rheinmetall Air Defence » leader dans ce domaine. Par exemple :

Trépieds pour la microchirurgie exigeant une précision mécanique et une fiabilité parfaite,
structures pour satellites et coiffes couvrant les charges utiles dans la technique spatiale, issues des capacités de pouvoir construire des structures extrêmement légères et résistantes,
détecteurs de gaz développés pour les besoins militaires et utilisés maintenant également dans la construction de tunnels.
Extrait du discours de Peter Dietrich, directeur de Swissmem

Aide à la reconversion inutile

Jeudi 29 octobre 2009

Le soutien apporté par la Confédération pendant dix ans n’atténuerait en rien la perte de 10 000 emplois. On ne connaît à ce jour aucun exemple de reconversion réussie prescrite par l’Etat. Dans de nombreuses entreprises concernées, la culture d’entreprise est très marquée par la qualité, la précision et la sécurité. Il n’est pas facile de transférer artificiellement cet esprit d’entreprise particulier sur un autre marché.

Et puis, que signifierait une telle reconversion pour les différents concurrents? Les entreprises qu’il s’agirait de reconvertir devraient pénétrer artificiellement d’autres marchés. Il leur faudrait tenter d’en chasser les entreprises existantes. Les aides de la Confédération se traduiraient par des distorsions de concurrence manifestes et ce sont les emplois des entreprises initialement présentes sur ces marchés qui disparaîtraient. On assisterait alors à un déplacement des pertes d’emplois vers les entreprises et les travailleurs qui ne peuvent compter sur l’aide fédérale. Ce serait un non-sens de politique économique que ni la Confédération, ni l’économie ne souhaitent.

Extrait du discours de Pascal Gentinetta, président de la direction, economiesuisse

Malgré la crise, le GSsA veut détruire 10′000 emplois

Jeudi 29 octobre 2009

L’initiative du GSsA pour l’interdiction des exportations priverait un pan entier de l’industrie de toute base existentielle, détruirait 10′000 places de travail et des centaines de places d’apprentissage. En outre, l’obligation pour la Confédération de soutenir financièrement les régions et personnes touchées pendant dix ans coûterait plus de 500 millions de francs aux contribuables. Et tout cela, sans que cette reconversion mise en place par l’Etat ait beaucoup de chance de succès à long terme, au contraire. Au final, seules des places de travail dans des entreprises déjà établies seraient ainsi mises en danger. A l’occasion d’une conférence de presse commune, les organisations économiques suisses ont mis en garde contre les répercussions de l’initiative et recommandé son rejet.