Rien que chez RUAG, l’initiative met en péril de manière directe 1500 places de travail dans des régions parfois périphériques où le marché de l’emploi est étroit. En plus des collaborateurs directement touchés, elle menace aussi la prospérité de leurs familles, de nombreuses PME et de toute l’économie de ces régions sans parler des jeunes déjà en surreprésentation dans les statistiques du chômage. Sur les 4000 employés de RUAG, près de 10 sont des apprentis que nous formons dans des secteurs d une importance capitale pour l’industrie suisse.
Il est illusoire de croire que les entreprises touchées par une interdiction d exporter pourront convertir leur production vers le domaine civil dans un délai raisonnable. En dix ans RUAG est devenue une entreprise technologique majeure au plan international dont 50 du chiffre d’affaires est désormais réalisé dans le civil. Nous sommes donc particulièrement bien placés pour savoir qu’une conversion de nos activités vers le civil est une démarche qui prend énormément de temps et coûte très cher. Notre croissance dans ce domaine a d’ailleurs été en grande partie rendue possible grâce à des acquisitions. Abandonner les compétences
technologiques et le savoir développés dans le secteur militaire mettrait gravement à mal notre crédibilité et notre compétitivité dans les autres domaines.
Extrait de la lettre de lecteur de Lukas Braunschweiler, CEO de Ruag Holding, publiée dans Le Temps du 12 novembre 2009
