Archive pour la catégorie ‘Organisations économiques’

PME de montagne menacée de fermeture – Communiqué de presse

Mardi 24 novembre 2009

cvciSion/Hérémence – La société Nammo MTH SA est installée à Hérémence dans le Val d’Hérens. Elle occupe 30 personnes à la fabrication de composants électroniques et électro-mécaniques. 99% de sa production est destinée à l’exportation vers les pays scandinaves, l’Europe et les Etats-Unis. Elle annonce de bonnes perspectives dans les 5 ans, avec une progression importante de son chiffre d’affaires et la création de nouvelles places de travail. Les normes éthiques du groupe norvégien Nammo, qui possède le site, sont encore plus restrictives que la législation suisse.

L’interdiction d’exporter menace cette entreprise de fermeture définitive. La reconversion promise par les initiants ne sauvera pas les 30 places de travail du site d’Hérémence. Le groupe Nammo déplacera simplement ses machines de l’autre côté de la frontière et y continuera sa production.

Tristes conséquences pour l’économie de montagne
Nammo MTH SA à Hérémence donne du travail à 30 collaborateurs dont 25 femmes de la vallée et des environs. Cette entreprise leur permet de demeurer actives tout en restant proche de leur famille. Mais au-delà des collaborateurs concernés, c’est toute une vallée qu’on prive de développement. En trouant le tissu économique régional, ce sont tous les commerces de la vallée qui seront pénalisés, sans compter les 14 fournisseurs suisses et valaisans dont cette société est la cliente.

Le jeu n’en vaut pas la chandelle
Au soir du 29 novembre, cette initiative ne sauvera aucune vie humaine. Aucune victime de conflit armé ne sera épargnée. Pour la Chambre valaisanne de commerce et d’industrie, cette absence de résultat ne justifie pas de sacrifier ces places de travail. Selon son directeur Vincent Riesen, « il est même injuste et choquant de donner bonne conscience à quelques intellectuels sur le dos de personnes qui travaillent honnêtement dans notre pays. »

Plus d’informations :
Vincent Riesen, directeur CVCI, 078 698 5309
Pascal Guenot, président Nammo MTH SA, 027 282 5057

Le CEO de Ruag Holding s’exprime dans les colonnes du Temps

Jeudi 12 novembre 2009

Rien que chez RUAG, l’initiative met en péril de manière directe 1500 places de travail dans des régions parfois périphériques où le marché de l’emploi est étroit. En plus des collaborateurs directement touchés, elle menace aussi la prospérité de leurs familles, de nombreuses PME et de toute l’économie de ces régions sans parler des jeunes déjà en surreprésentation dans les statistiques du chômage. Sur les 4000 employés de RUAG, près de 10 sont des apprentis que nous formons dans des secteurs d une importance capitale pour l’industrie suisse.

Il est illusoire de croire que les entreprises touchées par une interdiction d exporter pourront convertir leur production vers le domaine civil dans un délai raisonnable. En dix ans RUAG est devenue une entreprise technologique majeure au plan international dont 50 du chiffre d’affaires est désormais réalisé dans le civil. Nous sommes donc particulièrement bien placés pour savoir qu’une conversion de nos activités vers le civil est une démarche qui prend énormément de temps et coûte très cher. Notre croissance dans ce domaine a d’ailleurs été en grande partie rendue possible grâce à des acquisitions. Abandonner les compétences
technologiques et le savoir développés dans le secteur militaire mettrait gravement à mal notre crédibilité et notre compétitivité dans les autres domaines.

Extrait de la lettre de lecteur de Lukas Braunschweiler, CEO de Ruag Holding, publiée dans Le Temps du 12 novembre 2009

Ecoutez le débat entre Cristina Gaggini et Jean-Claude Rennwald

Mardi 3 novembre 2009

Les milieux économiques s’opposent à l’initiative pour l’interdiction d’exporter du matériel de guerre. Ces organismes estiment qu’en cas de « oui » à l’initiative le 29 novembre prochain, quelques 10′000 emplois seraient menacés. Peut-on risquer de sacrifier 10′000 emplois en temps de crise? Les mesures de reconversion dans le domaine civil prévues par l’initiative sont-elles viables? Débat entre Cristina Gaggini, directrice romande d’Economiesuisse, et Jean-Claude Rennwald, conseiller national jurassien socialiste et vice-président de l’Union syndicale suisse (USS).
Ecoutez le débat!

Places d’apprentissage menacées selon l’USAM

Jeudi 29 octobre 2009

L’exemple des ateliers Pilatus montre de manière concrète que le chômage risque d’augmenter de 33% dans le canton de Nidwald, ce constructeur d’avions étant directement frappé par l’initiative. A Stans, Pilatus occupe quelque 500 collaborateurs pour le développement, la fabrication, le support et l’entretien d’avions et de systèmes d’entraînement. Si l’initiative était acceptée, ces emplois devraient être en grande partie (environ 40% du personnel) supprimés sans délai, puisque immédiatement après l’adoption de l’initiative ni avions, ni pièces de rechange ni quelque autre service que ce soit, y compris le transfert de propriété intellectuelle, ne pourraient plus être exportés.

Simultanément, des centaines de millions de francs investis dans le développement du PC-21 ainsi que dans des développements pour d’autres avions d’entraînement l’auraient été pour rien. De même, le stock de pièces de rechange équivalent à près de 100 millions de francs n’aurait plus aucune valeur. A cela vient encore s’ajouter le fait que les coûts de fabrication pour le programme du PC-12 augmenteraient considérablement (effets d’échelle négatifs).

Actuellement, les ateliers Pilatus forment 100 apprentis. Il va de soi qu’en cas de réduction d’emplois aussi importante, les places d’apprentissage devraient elles aussi faire l’objet de suppressions. En plus des dommages quantifiables, il faudrait s’attendre à des créances en dommages-intérêts actuellement non encore chiffrables pour inexécution de contrats de fourniture et de maintenance à long terme. A ne pas sous-estimer non plus le dommage causé à l’image de Pilatus et à l’économie suisse toute entière. En cas d’adoption de l’initiative, Pilatus devrait supporter un dommage de plusieurs centaines de millions de francs au total. Les 500 millions que l’initiative prévoit de faire verser à la Confédération suffiraient donc à peine pour les seuls ateliers Pilatus. Et l’entreprise ne serait encore aucunement reconvertie.

Extrait du discours de Hans-Ulrich Bigler, directeur de l’USAM

Selon Peter Dietrich, l’interdiction d’exporter brise l’industrie de défense suisse

Jeudi 29 octobre 2009

L’industrie de défense et de sécurité suisse serait privée du jour au lendemain de l’accès aux débouchés étrangers.

Ne resteraient alors plus que les ventes de matériel d’armement en Suisse. Cependant, aucune entreprise, fusse-t-elle fabricant de matériel de guerre ou sous-traitant, ne pourra survire économiquement en ne travaillant uniquement pour l’armée suisse. Le marché suisse, qui au cours des dernières années n’a cessé de diminuer, est tout simplement insuffisant pour cela. Une interdiction d’exporter prive ces entreprises tout simplement de leur base d’existence.

Du point de vue économique ceci entraîne une structure des coûts défavorable pour les entreprises concernées : les dépenses, destinées à la recherche et au développement ou à l’acquisition de capacités de production coûteuses, devraient être répercutées sur une quantité moins importante de produits vendus ce qui augmenterait automatiquement les coûts unitaires. Conséquence: affaiblissement de la compétitivité des entreprises concernées. Ceci s’aggrave plus la part de biens d’armement exportés par l’entreprise est élevée.

La part d’exportation de « Rheinmetall Air Defence » (avant Oerlikon Contraves) se monte à environ 95%. Cette valeur dépasse largement les 80% chez « MOWAG » et se situe à environ 75% chez « Nitrochemie Wimmis », qui appartient à « Rheinmetall Defence » et « RUAG Holding ». Même chez « RUAG », le partenaire industriel de l’armée suisse, la part d’exportation dépasse les 50%.

Etant donné que toute une série d’entreprises productrices de matériel de guerre sont propriété de groupes étrangers et compte tenu d’un changement aussi massif de la structure des coûts, il est évident que ces entreprises délocaliseraient leur production à l’étranger.

L’interdiction d’exporter nuit à l’innovation pour le secteur civil

Finalement, l’initiative a pour conséquence de perdre du savoir-faire précieux. Plusieurs développements destinés à l’origine pour l’industrie militaire sont aujourd’hui également utilisés dans le secteur civil. Ceci est dû au fait que les exigences demandées au matériel et à la précision pour le matériel de guerre sont souvent plus élevées, ce dont profite finalement aussi la production de biens civils.

L’Airbag en est un exemple très répandu. Le développement du détonateur s’orientait au début aux besoins militaires. Nous connaissons de nombreux exemples similaires :

Des systèmes de guidage conçus par RUAG pour des besoins militaires – des systèmes donc permettant de coordonner la localisation de lieux, de véhicules et de personnes et d’assurer la communication mutuelle – sont désormais proposés dans une version adaptée également pour des organisations civiles comme les corps de police et les services sanitaires. Les simulateurs pour la formation de chauffeurs de camions civils découlent également de la recherche militaire.

De nombreuses innovations pour des applications civils sont issues du développement de systèmes pour la défense aérienne de la société « Rheinmetall Air Defence » leader dans ce domaine. Par exemple :

Trépieds pour la microchirurgie exigeant une précision mécanique et une fiabilité parfaite,
structures pour satellites et coiffes couvrant les charges utiles dans la technique spatiale, issues des capacités de pouvoir construire des structures extrêmement légères et résistantes,
détecteurs de gaz développés pour les besoins militaires et utilisés maintenant également dans la construction de tunnels.
Extrait du discours de Peter Dietrich, directeur de Swissmem

Préserver notre savoir-faire et notre capacité d’innovation

Lundi 19 octobre 2009

Johann N. Schneider-Ammann, Président de Swissmem

Johann N. Schneider-Ammann, Président de Swissmem

Outre les emplois, la fin de l’industrie suisse des techniques de défense entraînerait également la disparition d’un précieux savoir-faire. Les produits de la technique de défense se caractérisent en effet par une haute technologie et une excellente qualité. De plus, les qualifications des employés de l’industrie de l’armement sont supérieures à la moyenne. Il s’agit donc d’un secteur extrêmement novateur et technologiquement performant, dont les découvertes s’appliquent également à des produits du secteur civil. Nombreux sont les Suisses qui, à juste titre, sont fiers des performances hors du commun de notre industrie. Il ne faut toutefois pas oublier que notre industrie de premier rang est un système pyramidal, édifié pierre par pierre depuis le bas.
Aussi avons-nous besoin d’une industrie de l’armement performante et solide pour servir de base à une industrie suisse hautement novatrice. Aujourd’hui, la Suisse fait partie des pays les plus compétitifs au monde.
Parmi les facteurs de succès de notre place financière, industrielle et intellectuelle, on trouve notamment la sécurité et la stabilité politique, des conditions-cadres légales favorables à la compétitivité, la volonté de performance, la fiabilité et une capacité d’innovation élevée. Les valeurs que sont la crédibilité, la fiabilité et la confiance constituent le b.a.-ba non seulement de l’industrie des techniques de défense, mais également de l’ensemble de l’industrie suisse d’exportation et de ses nombreux fournisseurs. Quiconque est favorable à la place économique et novatrice suisse doit donc clairement rejeter l’initiative pour l’interdiction des exportations.

(article tiré de Fokus, édition 2/09)