L’initiative du GSsA pour l’interdiction des exportations priverait un pan entier de l’industrie de toute base existentielle, détruirait 10′000 places de travail et des centaines de places d’apprentissage. En outre, l’obligation pour la Confédération de soutenir financièrement les régions et personnes touchées pendant dix ans coûterait plus de 500 millions de francs aux contribuables. Et tout cela, sans que cette reconversion mise en place par l’Etat ait beaucoup de chance de succès à long terme, au contraire. Au final, seules des places de travail dans des entreprises déjà établies seraient ainsi mises en danger. A l’occasion d’une conférence de presse commune, les organisations économiques suisses ont mis en garde contre les répercussions de l’initiative et recommandé son rejet.
Malgré la crise, le GSsA veut détruire 10′000 emplois
29 octobre 2009Interview de Doris Leuthard
19 octobre 2009
Doris Leuthard, conseillère fédérale
Extrait:
Doris Leuthard, 5100 emplois dans l’industrie d’armement en Suisse, ça vaut combien de tués par année?
Je ne peux pas accepter cette manière d’opposer la morale et les intérêts économiques. Combien de morts sur les routes suisses chaque année? Voulez-vous pour autant interdire la voiture? Nous vivons dans un monde violent où des conflits existent. Or, entre deux Etats, les armes ont une fonction dissuasive, et peuvent servir en ce sens d’instrument de dialogue.
Fabriquer des armes, c’est donc une contribution de la Suisse à la paix dans le monde?
Nous fabriquons des armes en Suisse pour notre défense. Et comme notre marché est beaucoup trop petit, nous en exportons aussi. La plus grande partie de ces biens est à double usage, civil et militaire.
Mais c’est vrai, nous exportons aussi des armes qui peuvent tuer des gens. C’est pour cela que nous avons mis sur pied un système de contrôle très strict. Nous sommes d’ailleurs beaucoup plus restrictifs que la majorité des autres pays européens, y compris des Etats neutres comme la Suède.
Nous devrions fermer notre usine de Fribourg: témoignage du CEO de Vibro-Meter
19 octobre 2009Vibro-Meter est installée depuis 1952 à Fribourg. Spécialisée dans les systèmes de mesure pour la production d’énergie ainsi que dans l’industrie aéronautique, elle emploie 500 personnes.
« Nous ne produisons pas de matériel de guerre mais des biens militaires spéciaux. » explique le CEO Peter Huber. Les instruments produits à Fribourg augmentent la sécurité des hélicoptères et diminuent les émissions de CO2. Vibro-Meter propose la même technologie pour les hélicoptères et avions civils. « Nous ne pourrions pas produire ces biens sur deux lignes de production distinctes et nos clients comme Boeing, EADS ou Eurocopter ne l’accepteraient pas. ». Conséquence de l’initiative : « Nous devrions fermer notre usine de Fribourg » selon Peter Huber. 100 emplois seraient immédiatement délocalisés en France en attendant le transfert de toute l’usine
Préserver notre savoir-faire et notre capacité d’innovation
19 octobre 2009
Johann N. Schneider-Ammann, Président de Swissmem
Aussi avons-nous besoin d’une industrie de l’armement performante et solide pour servir de base à une industrie suisse hautement novatrice. Aujourd’hui, la Suisse fait partie des pays les plus compétitifs au monde.
Parmi les facteurs de succès de notre place financière, industrielle et intellectuelle, on trouve notamment la sécurité et la stabilité politique, des conditions-cadres légales favorables à la compétitivité, la volonté de performance, la fiabilité et une capacité d’innovation élevée. Les valeurs que sont la crédibilité, la fiabilité et la confiance constituent le b.a.-ba non seulement de l’industrie des techniques de défense, mais également de l’ensemble de l’industrie suisse d’exportation et de ses nombreux fournisseurs. Quiconque est favorable à la place économique et novatrice suisse doit donc clairement rejeter l’initiative pour l’interdiction des exportations.
(article tiré de Fokus, édition 2/09)
3000 emplois en jeu en Suisse romande
14 octobre 2009L’initiative menace 10′000 emplois en Suisse et 3′000 en Suisse romande selon Giovanni Giunta. Elle remet aussi en question l’armée, voulue par le peuple suisse.
La Suisse doit garder la possibilité de se défendre
14 octobre 2009Pour Christophe Reymond, la poursuite d’une politique de paix est compatible avec le maintien d’une capacité de défense, basée sur des industries suisses.
Sylvie Perrinjaquet s’oppose à l’initiative
14 octobre 2009Pour Sylvie Perrinjaquet, la sécurité est une condition essentielle au maintien de nos libertés. C’est pourquoi la Suisse doit continuer à disposer d’une industrie de défense.
Les partis de droite et de centre-droite unis contre l’initiative
2 octobre 2009PLR.Les Libéraux-Radicaux, l’UDC, le PDC et le PBD s’engagent ensemble contre l’initiative du GSsA qui vise à interdire les exportations de matériel militaire. Ils ont formé le comité interpartis « Interdiction des exportations – NON ». Les milieux qui souhaitent abolir l’armée essayent, pour la deuxième fois depuis 1997, de mettre à terre notre système de défense en s’attaquant à l’exportation, donc à la fabrication d’armes. Déjà par le passé le peuple a déjoué de telles tentatives. Un petit groupe d’idéalistes essaye d’imposer ses convictions au monde entier, en ne tenant pas compte de l’intérêt général. Ainsi, les initiants sont prêts à détruire 10’000 emplois en Suisse. Ils sont aussi prêts à mettre en danger notre sécurité militaire en limitant la capacité d’engagement de l’armée suisse. Le Comité interpartis lance sa campagne aujourd’hui.
Intierview de Jean-René Fournier sur la promotion de la paix
2 octobre 2009La Suisse s’engage-t-elle pour la promotion de la paix ?
La promotion de la paix est un des grands objectifs de la politique extérieure de la Suisse. Notre politique de paix, des droits de l’homme et de l’aide humanitaire ainsi que notre coopération au développement fournissent une contribution importante à la coexistence pacifique des peuples et, ainsi, à la sécurité nationale et internationale. La Suisse s’engage dans le règlement des conflits, vérifie des processus électoraux, soutient des initiatives diplomatiques.

Jean-René Fournier, conseiller aux Etats
Interdire les exportations suisses (0,7 % des exportations mondiales) n’aurait aucun effet sur la paix dans le monde. Par contre, la politique extérieur de notre pays y contribue avec efficacité.
Le Conseil fédéral ne reconnaît qu’un mérite à l’initiative du GSsA: demander le soutien de la communauté international aux efforts en matière de désarmement et de contrôles des armements. Mais la Suisse agit déjà de manière tout à fait satisfaisante dans ce domaine. Dans les enceintes internationales, elle s’investit pour l’adoption de traités contraignants sur le commerce des armes et le renforcement des contrôles.
Comme le Conseil fédéral, j’affirme que des critères très précis sont appliqués lors de l’octroi des autorisations d’exportation de matériel de guerre.
Yvan Perrin s’exprime sur Amée XXI et notre industrie de défense
2 octobre 2009Quel est le lien entre Armée XXI et notre industrie de défense ?
Le concept Armée XXI tient compte de la nouvelle donne internationale avec la montée en puissance. On maintient un noyau dur équipé et entrainé de manière optimale qu’on complète si nécessaire en fonction des besoins. Ce concept ne peut être effectif qu’à deux conditions. Il faut tout d’abord disposer d’un potentiel humain suffisant, c’est-à-dire de soldats formés et prêts à s’engager et ensuite être en mesure d’équiper ces hommes du matériel dont ils auraient besoin pour mener leur mission à bien. Auparavant, l’armée assurait maintenance et logistique de façon à ce que chaque militaire appelé sous les drapeaux dispose dès son entrée en service de ce dont il avait besoin pour remplir son devoir. Aujourd’hui, seul le service minimum est assuré, le complément étant apporté en fonction de la situation. Cette nouvelle façon de faire permet de maintenir à niveau les compétences indispensables à notre défense tout en économisant des sommes considérables puisqu’il n’est plus nécessaire d’assurer l’entreposage et la maintenance d’un matériel qui souvent devait être mis au rancart sans même avoir servi.

Yvan Perrin, conseiller national, vice-président UDC Suisse
Cette nouvelle orientation a naturellement une incidence majeure sur notre industrie de l’armement puisqu’elle devient un élément essentiel, une pièce maîtresse même, de notre défense. Si d’aventure les circonstances l’exigeaient, c’est aux entreprises qu’il appartiendrait de produire le matériel nécessaire à la montée en puissance telle que la définit Armée XXI. Ce secteur industriel fait donc désormais partie du concept global de défense de notre pays.
