Sécurité menacée

Une indépendance totale de l’étranger, c’est-à-dire une autarcie en matière de défense, n’est ni faisable ni sensée dans le cas de la Suisse. A contrario, il n’est pas réaliste en matière de sécurité nationale et de maintien de notre souveraineté de dépendre totalement de l’étranger. L’indépendance souveraine de la Suisse, choisie et confirmée régulièrement, suppose donc une certaine autonomie dans des domaines spécifiques, grâce à notre base industrielle. Les prestations vitales et essentielles à l’armée doivent être assurées par l’industrie suisse.

Il est illusoire de croire que l’on pourrait se procurer les équipements nécessaires à l’étranger en cas d’urgence. Face à une menace sur sol européen, nos alliés commenceraient par couvrir leurs propres besoins. La Suisse serait livrée à elle-même ou serait contrainte de faire des concessions en matière de politique de sécurité. L’existence d’une capacité de production propre réduit donc la dépendance vis-à-vis des autres États et des entreprises étrangères. Enfin, l’entretien et le développement de systèmes et équipements modernes nécessitent des capacités techniques pointues. Grâce à son industrie de défense, la Suisse dispose aujourd’hui de telles compétences. La disparition de cette industrie alourdirait nettement les coûts de fonctionnement de l’armée.Chaque pays européen maintient d’ailleurs une base industrielle nationale, y compris les Etats neutres comme l’Autriche ou la Suède.

La population veut une armée

Le comité d’initiative « Bündnis gegen Kriegsmaterial-Exporte » est une émanation du Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA), soutenu par des organisations de gauche et pacifistes.

L’initiative pour l’interdiction des exportations de matériel de guerre est une copie de celle de 1997, balayée par la population à plus de 77% de Non et 23 cantons. Elle s’inscrit dans une série de votations provoquées par les groupes anti-armée : initiative demandant le droit de référendum en matière de dépenses militaires en 1987, initiative pour une Suisse sans armée I en 1989, initiative sur les places d’armes et celle contre les avions de combat (F/A-18) en 1993, initiative pour l’interdiction d’exporter du matériel de guerre en 1997, initiative en faveur d’une redistribution des dépenses (réduction de moitié de l’armée) en 2000 et initiative pour une Suisse sans armée II en 2001.Toutes ces initiatives ont été balayées par le peuple et les cantons. Cela ne décourage cependant pas le GSsA qui a déposé le 8 juin 2009 l’initiative populaire « Contre de nouveaux avions de combat ».

Rappelons enfin que la nouvelle Loi fédérale sur l’armée et l’administration militaire (Armée XXI) a été plébiscitée avec 76% de Oui. Il est maintenant temps de laisser l’armée accomplir sa mission.

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